La dégressivité de l’allocation chômage fait déjà des remous

Annoncé lundi, le projet sur la dégressivité de l’allocation chômage fait déjà réagir. Alors a quoi servirait ce projet et d’où vient-il ? 

L’annonce a été faite par Myriam El Khomri et Michel Sapin : des pistes sont envisagées pour réformer l’assurance chômage. En France, le montant perçu par les chômeurs est le même pendant toute la durée de leur indemnisation. Le gouvernement voudrait changer ce système en utilisant la dégressivité des aides dans le temps.

« C’est une piste, a expliqué le Ministre de l’économie Michel Sapin, lundi matin sur i-Télé. Mais elle doit aussi s’accompagner d’autres (pistes) comme la hausse des droits à la formation. Nous devons mettre en place un dispositif d’accompagnement des chômeurs pour les inciter à reprendre un travail».

Michel Sapin. Source : RTL

Michel Sapin. Source : RTL

L’allocation de retour à l’emploi (ARE) touché par un chômeur est de 57% de son « ancien salaire journalier brut » ou 40,40% du salaire en plus de 11,72 euros. L’indemnisation peut durer de deux ans, à trois ans pour les seniors. La dégressivité veut dire qu’un chômeur va recevoir son indemnisation à taux plein, qui va ensuite se réduire dans le temps.

Un processus déjà connu et ancien

Entre 1986 et 2001, ce système a déjà été expérimenté avant d’être finalement abandonné. En effet, l’INSEE avait publié une étude montrant que ce processus avait ralenti le retour à l’emploi. De 1986 à 1992, cette dégressivité se faisait en deux paliers successifs, afin d’arriver à l’allocation de « fin de droits ». Puis, de 1992 à 2001, l’« allocation unique dégressive » diminuait régulièrement le montant de l’allocation perçue, explique le Monde.

La dégressivité dans le temps est aussi déjà utilisée par six pays européens : l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, les Pays-Bas et la Suède.  Selon une étude du Monde, dans ces pays, il n’y a finalement pas une grande différence de fluctuation sur le chômage, mais a bel et bien une incitation à améliorer le niveau financier des institutions.

AFP PHOTO / JEFF PACHOUD

AFP PHOTO / Jeff Pachoud

L’aspect financier au centre des débats 

Les derniers chiffres sont mauvais. Le gouvernement actuel doit faire face à un chômage record de 3,59 millions de personnes en France. Cette recrudescence du chômage de longue durée influe sur le déficit de l’assurance qui est aujourd’hui de 4 milliards d’euros par an, pour une dette totale de 29,4 milliards d’euros fin 2016. L’idée est alors de sauver l’Unedic d’un drame financier sans précédent.

La guerre des syndicats

La CFDT, qui partage la présidence de l’Unedic avec le Medef, refuse ce projet contre l’avis de son binôme.

«  Laisser penser qu’il faudrait avoir une logique budgétaire (revenir à l’équilibre sans se soucier des conséquences sociales), ou punitive (les gens sont au chômage car ils ne veulent pas retravailler), est insupportable  », a prévenu Laurent Berger la semaine dernière

Laurent Berger. Source : France 3

Laurent Berger. Source : France 3

Pierre-Édouard Magnan, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), a expliqué sur RTL que la dégressivité serait « une source de précarisation accrue de gens à qui on n’est déjà pas capable de retrouver du boulot. »

Les négociations sur la dégressivité des allocations chômage devraient commencer le 22 février et se terminer fin juin. Une bataille qui s’annonce rude entre le patronat, le gouvernement et les syndicats.

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